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La galère de la rue : retour d’expérience du 23 janvier

Depuis près d'un an, l'association les petits frères des Pauvres, via son équipe grande précarité de Paris, organise un vendredi sur deux des petits déjeuners, financés par la Fondation Lecordier pour les femmes SDF, l’occasion pour les femmes accompagnées d'échanger sur leur expérience. Retour sur une de ces rencontres qui a eu lieu le vendredi 23 janvier dernier en présence de 12 femmes.

Mme B. a brisé le silence. Suivie depuis 2 mois par les petits frères des Pauvres,  elle a d’abord vécu pendant un mois à l’Espace femmes, dont 9 chambres sont financées par la Fondation Lecordier pour les femmes SDF. Elle est actuellement dans un hôtel plus adapté à ses difficultés de santé.

 « Je galère depuis plus de 20 ans avec mon fils schizophrène (…) Je me suis retrouvée à 60 ans dans la rue. Vous vous rendez compte j’ai maintenant 68 ans et j’étais dehors avec un fils malade. C’est le CMP (Centre Médico-Psychologique NDLR) où je suis suivie qui m’a parlé des "petits frères". Sans cela, je ne sais pas si j’aurais passé l’hiver. J’ai toutes les maladies possibles et imaginables : diabète, cholestérol, hypertension, arthrose, dépression, hyper-thyroïdie. Ce sont les maladies de la rue et d’une femme de mon âge. J’ai connu le monde violent de la rue, les humiliations, le désespoir, les nuits à l’hôpital, la violence physique dans les centres d’hébergement. L’envie de manger une bonne soupe chaude l’hiver. Une bonne soupe chaude comme tout être humain normal. Je commence enfin à souffler depuis que je bénéficie de cet accompagnement. J’ai pu enfin voir un médecin, prendre un petit déjeuner digne de ce nom, parler avec des personnes qui prennent le temps de vous écouter. (…)  Je suis très connue du 115 et d’Emmaüs. Je suis connue non pas pour mes dons et qualités professionnelles, j’étais maquilleuse et coiffeuse professionnelle sur les plateaux de cinéma, mais parce que ça fait des années que je les appelle. J’ai commencé à devenir folle dans la rue. Avant, je n’étais pas comme ça.  Tout à commencer avec les attentats en Algérie. J’ai perdu de nombreuses personnes de ma famille, j’ai été séquestrée, battue, ils m’ont cassé toutes mes dents. Les cicatrices resteront à jamais gravées dans mon corps et ma mémoire, je ne pourrais jamais oublier la violence humaine, la violence de la rue. J’y ai laissé ma santé, ma vie, ma vie de femme …»

Un moment d’émotion où chaque femme a pris la parole pour raconter son parcours voire prodiguer des conseils à cette nouvelle venue.

S. : « Tu sais, j’étais comme toi. J’ai été battue et je me suis endurcie avec la rue. Moi aussi, je me disais que j’aurais des cicatrices à vie. Aujourd’hui les cicatrices qui avaient la taille de mon bras sont aussi petites que ma main. Elles sont là, elles font parties de moi, je ne les oublie pas mais je suis plus qu’une cicatrice. Je veux être une porte-parole. Je veux dire à d’autres femmes qu’il est possible de s’en sortir. Que la vie n’est pas finie. C’est avec les PFP que j’ai compris qu’il était possible de changer. Il n’est jamais trop tard. Tout est entre tes mains ça dépend de toi. Nous sommes là, viens nous voir on t’aidera. Tu n’es plus seule ici, il y a toujours quelque chose à faire, des personnes à qui parler».

M. : « Les petits frères des Pauvres, c’est le changement. (…) Avec les "pfP", ta vie, elle va changer. Tout va changer. Tu ne seras plus la même, tu seras différente. C’est une autre vie qui commence pour tout. Les "petits frères" c’est une famille, elle t’entoure et elle prend soin de toi. Même si tes cicatrices ne vont pas disparaitre, tu vas les accepter. Tu vas souffler, je te le promets ».

Propos recueillis par Marie-Thérèse Borges, coordinatrice de développement social de la Fraternité Paris-Saint-Maur.

 

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