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Mobilité et isolement des personnes âgées : 1 million de personnes assignées à résidence

À l’occasion de la publication du rapport 2026 des Petits Frères des Pauvres "Mobilités et isolement des personnes âgées", découvrez les principaux enseignements de l’étude et l’engagement de la Fondation pour favoriser la mobilité des personnes âgées.

Les Petits Frères des Pauvres ont publié leur rapport consacré à la mobilité des personnes âgées, avec le soutien financier de la Fondation des Petits Frères des Pauvres. Cette étude met en lumière les liens étroits entre difficultés de déplacement, isolement social et perte d’autonomie. Elle rappelle que la mobilité ne se résume pas aux moyens de transport : elle dépend aussi de l’accès aux soins et aux services, de l’adaptation du logement et de la possibilité de maintenir une vie sociale.

Daniel Bruneau, président de la Fondation des Petits Frères des Pauvres, revient sur les principaux enseignements de cette étude et sur les actions menées pour favoriser la mobilité des personnes âgées.


Quels enseignements clés tirez-vous de cette étude sur la mobilité et l’isolement ?

Daniel Bruneau : Ce rapport 2026 met en lumière une réalité préoccupante : les difficultés de mobilité constituent un facteur important d’isolement et de perte d’autonomie pour les personnes âgées. Près d’un million de personnes âgées sont aujourd’hui assignées à résidence en France, et plus de trois millions déclarent se sentir isolées en raison de leurs difficultés à se déplacer. Derrière ces chiffres, ce sont des personnes qui voient leur vie limitée par de nombreux obstacles, qui renoncent parfois à des rendez-vous médicaux, à la vie citoyenne ou à des moments de convivialité…

Autre enseignement majeur : les difficultés de mobilité ne relèvent pas uniquement d’une question de transport. Elles sont liées à la santé, à l’aménagement des territoires, à l’accessibilité des services et à l’aménagement des lieux de vie. 43 % des personnes âgées déclarent souffrir de douleurs ou de maladies limitant leurs déplacements au quotidien, tandis qu’un tiers redoute une perte d’équilibre ou une chute.


Comment la Fondation s’engage-t-elle concrètement pour lever les freins à la mobilité des personnes âgées ?

D. B. : La Fondation des Petits Frères des Pauvres agit sur les différents leviers qui permettent aux personnes âgées de préserver leur autonomie et de continuer à vivre pleinement. La mobilité est un enjeu qui traverse nos deux missions : héberger et loger dignement et soutenir des projets d’intérêt général.

La mobilité est d’abord intérieure : elle commence par la capacité à se déplacer chez soi. Un logement inadapté peut vite devenir un facteur d’isolement et de perte d’autonomie : une baignoire difficile d’accès, un espace encombré, des marches, peuvent limiter considérablement les déplacements du quotidien.

C’est pourquoi nous concevons des logements qui accompagnent les parcours de vie. Dans nos petites unités de vie comme dans nos logements individuels en copropriété, nous travaillons à proposer des habitats adaptés. L’objectif n’est pas de transformer les logements en espaces médicalisés, mais d’anticiper les évolutions de la mobilité dans le vieillissement. Dans les logements que nous construisons ou ceux qui font l’objet d’une rénovation importante, nous veillons à l’accessibilité d’accès (absence de marches, ascenseur…) et à l’aménagement intérieur (bac à douche ultra-plat, barres d’appui…).

Au-delà du logement, nous finançons chaque année des projets qui permettent de lever les freins à la mobilité extérieure : accès aux soins, à la culture, aux services de proximité... Certains projets vont directement à la rencontre des personnes âgées éloignées des dispositifs existants avec des services itinérants, des actions de médiation ou des initiatives de proximité : projets culturels mobiles qui amènent des spectacles au plus près des publics âgés, dispositifs médicaux à domicile pour faciliter l’accès aux soins, ou encore solutions locales qui recréent des services accessibles dans les quartiers.

Quels leviers souhaitez-vous renforcer ou développer à l’avenir sur ce sujet ?

D. B. : Ce baromètre nous conforte dans la nécessité de continuer à agir de manière globale sur la mobilité des personnes âgées. Les difficultés de déplacement ne sont jamais un sujet isolé : elles sont souvent liées à la santé, au logement, aux ressources, à l’aménagement des territoires ou encore à l’isolement social. Les réponses doivent prendre en compte la personne dans son ensemble.

Nous voulons également renforcer notre soutien aux projets qui reposent sur une logique d’« aller vers ». Les personnes les plus fragiles et les plus pauvres sont celles qui rencontrent le plus d’obstacles pour accéder aux services existants. Il faut donc continuer à imaginer des solutions qui viennent à leur rencontre, qu’il s’agisse d’accès aux soins, à la culture, aux services de proximité ou au lien social.

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